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"après qu’il soit parti" ou "après qu’il est parti" ?

 ⚠️ Avertissement

Autant vous le dire tout de suite, ce qui va suivre risque d’en choquer plus d’un(e).

 

 

Nombre d’entre vous se demandent sûrement pourquoi une telle question, tant la réponse semble évidente.

« Après qu’il est parti ? Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire ça ! » 😳

 

Et c’est bien là tout le problème !

 

En effet, si "avant que", qui exprime une antériorité dans le temps, est bien toujours suivi du subjonctif (avant qu’il soit parti), la formule "après que", qui exprime elle une postériorité dans le temps, doit être suivi de l’indicatif (après qu’il est parti).

« Mais pourquoi ? C’est illogique, et en plus c’est moche !!! » 🤢

 

Bon d’accord, ça n’est pas très agréable à l’oreille. En revanche, c’est très logique grammaticalement parlant.

 

Démonstration 🤓

 

L’indicatif est le mode qui exprime une action réelle (un fait accompli ou envisagé comme tel).

 

Le subjonctif, quant à lui, exprime une action incertaine (une volonté, une crainte, une éventualité, un doute…).

 

Donc, si l’on dit : On a tout rangé avant qu’il soit parti.
                            => cela veut dire qu’il n’était pas encore parti lorsque nous avons tout rangé.
                            => L’action de partir n’était à ce moment-là pas réalisée, pas réelle, donc incertaine.
                            => C’est du subjonctif.

 

En revanche, si l’on dit : On a tout rangé après qu’il est parti
                                       => cela veut dire qu’il était déjà parti lorsque nous avons tout rangé.
                                       => L’action de partir à ce moment-là était bien réalisée, donc réelle.
                                       => C’est de l’indicatif.

 

Tout devient plus clair, non ?

 

Cela étant, on n’a pas toujours le temps d’analyser la situation de la sorte, et il n’est pas exclu que le doute s’installe au moment de choisir entre l’indicatif et le subjonctif. 

 

C’est la raison pour laquelle je vais vous donner une astuce bien utile qui vous permettra de ne plus hésiter.

 

Remplacez mentalement "après que" par "dès que"
(qui indique également une postériorité dans le temps)
et vous verrez que comme par magie, l’indicatif s’impose.

 

Exemple : Elle est allée se coucher dès qu’elle est rentrée.
                => Elle est allée se coucher après qu’elle est rentrée (et non après qu’elle soit rentrée).

                La route était glissante dès qu’il avait plu.
                => La route était glissante après qu’il avait plu (et non après qu’il ait plu).

                Elles ont pris un taxi dès qu’elles sont descendues de l’avion.
                => Elles ont pris un taxi après qu’elles sont descendues de l’avion
                      (et non après qu’elles soient descendues de l’avion).

                Nous nous sommes réconciliés dès que nous nous sommes retrouvés.
                => Nous nous sommes réconciliés après que nous nous sommes retrouvés
                      (et non après que nous nous soyons retrouvés).

 

Vous voyez, c’est magique, ça marche à tous les coups ! 😉

Alors ne faites plus la faute et partagez sans modération cette petite "pépite orthographique" !  💎 

 

 Retrouvez plein d'autres astuces dans mon ouvrage Mes 100 astuces en orthographe  😉

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Commentaires: 10
  • #1

    MacadamArabella (mercredi, 22 mai 2019 09:14)

    6

  • #2

    Hachon (mardi, 09 mars 2021 14:03)

    Pas d'accord du tout avec tout ça. Je me demande d'qailleurs qui a, un jour, décidé ça. A l'école, nous avons tous appris le contraire de ce que vous dites.
    Par exemple, nous n'avons jamais appris devoir dire "nous nous sommes réconciliés après que nous nous sommes retrouvés" mais plutôt nous nous sommes réconciliés après que nous nous soyons retrouvés".
    En quelle année et surtout qui a décidé ce que vous dites?. Merci pour la réponse.

  • #3

    La Plume du Renard (mardi, 16 mars 2021 08:02)

    Bonjour Hachon,

    Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord, toujours est-il que c’est la règle :

    Larousse : « Après que se construit avec l’indicatif ou le conditionnel (et non avec le subjonctif)… En effet, après que annonce un fait accompli, passé. »
    Le Robert : « La règle veut que la locution après que soit suivie de l’indicatif. L’emploi très fréquent du subjonctif, par analogie avec avant que, est à éviter. »
    Académie française : « À la différence de avant que, qui implique une notion d’éventualité, après que, marquant que l’on considère le fait comme accompli, introduit une subordonnée dont le verbe doit être mis à l’indicatif. »

    Bonne journée

  • #4

    Line (samedi, 01 mai 2021 12:46)

    J’ai toujours émis des doutes quand je lisais "après qu’il est"
    Merci pour cet éclaircissement non négligeable.
    Agréable journée !

  • #5

    Meitala (samedi, 03 juillet 2021 00:41)

    Merci pour ces explications. C'est plus claire pour moi à présent.

  • #6

    Ana (mardi, 29 mars 2022 08:58)

    Un grand merci! Bonne journée .

  • #7

    Eve (dimanche, 05 juin 2022 16:01)

    Je suis de l'avis de MacadamArabella (mercredi, 22 mai 2019 09:14), Et effectivement cela dépend beaucoup de quand date l'apprentissage de l'écriture et donc la grammaire concernant la tournure des phrases, que l'on peut nommer "style"

    Alors la phrase : "Après qu'elle soit rentrée, elle dû s'aliter, se sentant soudain mal" serait donc fausse ?
    Je change la phrase et écris : "elle dû s'aliter, se sentant soudain mal, après qu'elle est rentrée" ??? HORRIBLE comme son ! Je ne sais pas de quand date cette "ordonnance" grammaticale !
    J'espère que vous êtes au courant que depuis plusieurs décennies, l'ordre est de niveler le niveau par le bas ?

    J'écris donc : "elle dû s'aliter.. après ETRE rentrée OU... après qu'elle ne rentre..." !

    Essayer votre règle grammaticale dans un poème, vous verrez ce qui sonne et coule le mieux...
    Bien cordialement

  • #8

    Eve (dimanche, 05 juin 2022 17:15)

    J'ajoute quand meme pour la défense des règles établies, que l'on peut trouver d'autres formes de phrases plus jolies si cette règle siffle à l'oreille, et l'on peut trouver des formules plus jolies en remaniant la phrase et la présenter différemment... pour gommer ce "après que...".

  • #9

    frederic meriaudeau (jeudi, 18 août 2022 00:44)

    Bonsoir à tous les Français parlant Français, mais aussi à tous les curieux de notre langue si complexe. Le dictionnaire dont je dispose est de 1971, il me suffit pour écrire à l'administration, la Mairie, les Impôts, La Sécu, le médecin, mes amis.
    En outre, je trouve bizarre que les journalistes et commentateurs nous obligent à adopter des langages du style, " lundiche, mardiche, mercrediche, jeudiche, vendrediche, samediche et dimanche, et bien reu!, et j'en passe dans leurs langages de bobos parisiens voulants nous imposer , à nous les bouseux provinciaux, leurs lois et modes linguistiques élitistes.
    A tous les journaleux bien éduqués, je dis; retournez à l'école et réapprenez à parler comme tout le monde, comme tous les Français sans prétention. Et si, moi qui aujourd'hui vous fais la morale, j'ai fait quelques fautes d'orthographe, pardonnez-moi, je ne suis qu'un bouseux, un paysan du fin fond de la France, si loin de vous, les Parigaux, les meilleurs, les exemples, le nombril du Monde.
    Bien à vous
    Frederic Meriaudeau

  • #10

    Timothé (vendredi, 16 septembre 2022 14:29)

    Ignorons ce 9ème commentaire.
    Le débat, au delà des tensions qu'il provoque, est intéressant.

    De manière générale, les instances d'autorité concernant la langue française perdent en crédibilité avec le temps.

    Première raison, elles sont multiples et pas toujours d'accord entre elles. Vous les avez citées : le Larousse, le Robert, l'Académie française, et j'en passe.
    Les désaccords viennent notamment de leur positionnement politique. Larousse et Robert filant à gauche, tandis que l'Académie se maintient à droite. Ainsi, un nouveau mot comme iel par exemple crée la discorde.

    Deuxième raison, l'Académie française, qui est la seule autorité linguistique reconnue par le ministère de l'éducation, est intrinsèquement liée au pouvoir central. Or, celui-ci est en train de se désagréger.

    Lorsque Louis XIV était l'homme le plus influent du monde, l'Académie était très puissante. Du reste, toute contestation était étouffée. Les patois étaient méprisés, les langues régionales condamnées à disparaitre, car on craignait à nouveau un éclatement de la France. La politique du roi Soleil était donc : un pays, une religion, une langue.
    Aujourd'hui, on s'aperçoit un peu tard qu'il est tout à fait possible de faire survivre les langues régionales sans que cela ne débouche sur des pulsions séparatistes (ignorons la Catalogne).
    Mais maintenant, la France ne rayonne plus. D'ailleurs, elle attire principalement des immigrants d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique du Sud, les pays du monde qui ont les niveaux de vie les plus bas.

    Ainsi, une grande partie des Français ont leur langage influencé davantage par les États-Unis que par la France.

    Et si on tente d'expliquer les règles du français standard aux Français d'aujourd'hui, ils vont tout simplement vous rire au nez. « Et qu'est-ce qui m'oblige à respecter ces règles arbitraires ? »

    Et ils auront raison.
    >> La méconnaissance des règles du français n'est plus sanctionnée ni à l'école, ni dans la fonction publique, ni en entreprise.
    >> Dans le cadre informel, écrire ou parler juste vous fait passer pour un extrémiste et vous vaut le mépris de beaucoup.

    Enfin, avec la chute du français tel qu'on le connaît arrivent les concurrents :
    >> le franglais
    >> le français dit "inclusif"
    >> et bien sûr, l'argot.

    Les langues régionales sont toujours vues comme mignonnes mais inutiles.

    Ainsi, pour en revenir à notre problème, on dit ce qu'on veut. On l'écrit comme on veut.

    Mais si la formule "juste" sonne mal aux oreilles de beaucoup, c'est effectivement parce qu'on ne nous a pas appris cette règle à l'école. N'est-ce pas scandaleux ? Scandaleux mais cohérent. Comment apprendre quoi que ce soit à des enfants quand on n'a plus d'autorité ?